Suis-je fou d’offrir mes photos gratuitement?

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D’abord, simplement préciser qu’on ne donne pas une photo, mais plutôt le droit de l’utiliser. C’est environ 1 250 de mes photos qui sont actuellement sous licence CC BY-SA 4.0. Cette licence permet de diffuser et de transformer une image à votre guise, même pour un usage commercial. Vous pourriez en imprimer une en milliers d’exemplaires sur des tasses de café, par exemple! Restriction importante : il faut absolument créditer l’auteur.

Même si cet usage commercial est possible, mes photos sont rarement utilisées à ces fins. Pour l’essentiel, elles servent à illustrer les articles d’une encyclopédie à but non lucratif que vous connaissez bien ET parfois aussi pour certains organismes et médias.

Pour ceux qui ne peuvent pas se les payer

À la base, mes photos hébergées sur Wikimedia Commons permettent essentiellement d’illustrer des articles rédigés bénévolement sur Wikipédia. Curieux de nature, je m’abreuve à l’encyclopédie depuis toujours. C’est en quelque sorte ma façon de redonner pour le travail des rédacteurs et de contribuer à ma façon au partage des connaissances. Il y a quelque chose de gratifiant de participer à l’un des sites web les plus visités du monde, de surcroît l’un des rares sans aucune publicité.

Il y a aussi tous ces médias locaux, ces organismes communautaires ou ces groupes citoyens. Pour eux, « il n’y a pas photo » 🥁 : ça aurait été pour eux autrement inenvisageable d’acheter l’image. C’est une photo qui tombe du ciel…

Vue aérienne de Berthier-sur-Mer. UTILISER LA PHOTO

Dans tous les cas, prendre ces photos reste pour moi un plaisir. Je le fais pendant mes vacances. Elles auraient été prises de toute manière. Autant en faire profiter à d’autres.

Pour alimenter la bête

Travaillant dans le milieu des médias et du marketing, je connais bien le défi d’alimenter sans relâche les différentes plateformes en photos, vidéos et infographies de tout genre. Les outils sont nombreux pour en obtenir ou en générer artificiellement, soit gratuitement ou via un abonnement.

Un photographe professionnel (ce que je ne suis pas) devient incontournable pour capturer un événement en direct, faire des portraits qui auront une longue longévité ou encore n’importe quel projet complexe sur mesure. Mais pour alimenter quotidiennement la bête des plateformes numériques, les créateurs de contenu marketing ont besoin de produire beaucoup et vite.

Certaines grandes organisations utilisent à l’occasion mes photos. Est-ce par économie d’argent? J’ai un doute… Il est possible que certaines thématiques québécoises — je fais majoritairement des paysages régionaux aériens — soient plus ou moins bien couvertes dans leurs propres archives ou disponibles sur les banques d’images internationales et généralistes. Le recours à Google, avec un filtre Creative Commons, permet sans doute de les dépanner.